Brèves
Alain Platel, Out of Context - for Pina du 26/01 au 28/01/2010
mardi 26, mercredi 27 janvier (21 h) jeudi 28 (19 h) grande salleLa rose des vents - Villeneuve d'Ascq
Boulevard Van Gogh
Villeneuve d'Ascq
tél. : 03 20 61 96 96
crédit photo théâtre de la villeL’un des thèmes favoris développé par Alain Platel ces dernières années est « le corps dans un état d’hystérie ». L’hystérie vue non pas comme une pathologie, mais comme l’expression d’une hypersensibilité face à la Grande Vie. Là où les mots nous manquent pour exprimer notre monde affectif intérieur, le corps prend le relais. La danse a probablement eu cette fonction depuis tout temps : la volonté de traduire physiquement des sentiments trop forts. A ce propos, il est intéressant de savoir que le mot « chorégraphie » est dérivé du terme « chorée », qui provient du monde médical et qui désigne un « trouble » du système nerveux dont les symptômes sont des mouvements soudains, rapides, incontrôlés et hystériques du corps. Voilà pourquoi il collabore depuis quelques années avec des virtuoses du mouvement, car d’une étrange manière, ils sont capables de traduire physiquement cet état d’extrême sensibilité. La peur ou la gêne qu’éprouve une personne voyant un corps dans cet état est souvent grande. Toutefois, il est bon de le regarder, de pouvoir le voir de plus près. Cela nous aide à comprendre que ce genre de comportement extrême et provocant fait partie de notre condition humaine. La scène comme lieu d’urgence et le(s) corps en extase. extrait du site Artishoc
Out of Context- for Pina création d’Alain Platel des ballets C de la B.
De l’épure, de l’air pur s'il en faut!
Fi de la Cde la B ? En dehors du contexte de l’écriture collective. Ligne créatrice des ballets C de la B.
Fi des artifices de la scène ? De la machinerie du spectacle et des fastes de l’Opéra.
Fi du décor? Du mur et de l’amoncellement.
Fi de la musique in live ? De la présence de l’orchestre sur scène.
Fi de la chorégraphie ? De ses mouvements d’ensemble.
Place au dernier Platel ! Place à la matière première de sa danse, place à l’instinct, place aux corps, à ceux intimes, fidèles et engagés de ses danseurs !
Hommage à Pina ? Certes c’est d’actualité, il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier !
Crise, économie de moyens ? C’est aussi d’actualité, moyens techniques certes mais pas humains !
Si Alain Platel semble se faire fi des conventions qui habitent et signent son écriture scénographique si identifiable par ses formes redondantes, cette dernière création à l’écriture faussement minimaliste est un véritable hymne à la danse et à l’engagement de ses interprètes dans ce qu’elle peut signifier de plus personnel et engagé dans son expression.
Si cette dernière version de son travail du traitement du corps malade « hystérique » (terme contestable) pour lequel nous ne sommes pas nécessairement convaincus (le caractère outrancier, pantomimique donné à la représentation de la folie peut agacer et paraître irrespectueux pour les malades réellement atteins de troubles psychopathologiques), donne à voir les prouesses physiques, athlétiques voire circassiennes de ses interprètes.
C’est sous la forme théâtralisée : hommage au Sacre de la danse de Pina qu’apparaît au travers de la pertinence du subterfuge des couvertures rouges une danse dont l’état d’urgence se révèle par l’animalité et la quintessence du geste.
P L-B 28 01 2010
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Constellation Consternée
Création Thomas Lebrun, Première au Gymnase le 13 01 2010.
« L'étoile de la réincarnation, l'étoile jaune, la star, l'étoile filante et la bonne étoile forment cette Constellation consternée qui, en cinq pièces courtes (trois soli, un duo et un quintette), ausculte diverses métaphores de la perte, de la stigmatisation, du succès, de la vanité, de la foi…
À chacun sa manière d'être danseur ou étoile. Époque oblige, cette constellation ne peut qu'être «consternée» ! » Extrait du communiqué de presse.— Gwiazda (solo, 2008). Interprété par Anne-Emmanuelle Deroo
— L'Étoile jaune (solo, 2008). Interprété par Anne-Sophie Lancelin
— Le Temps de briller (solo, 2008). Interprété par Raphaël Cottin
— Éclats de simulacre (duo, 2009). Interprété par Anthony Cazaux et Claudia Miazzo
— Fulgurances céans (quintette, 2010). Interprété par Anthony Cazaux, Raphaël Cottin, Anne Emmanuelle Deroo, Anne-Sophie Lancelin et Claudia Miazzo.
Constellation consternée ou l’éloge du sensible.
Le remarquable et magnifique titre choisi par Thomas Lebrun artiste en résidence à Danse à Lille pour ce dernier opus du répertoire au combien riche et panaché de sa Compagnie Illico suffit à lui-même, pour se conforter à l’idée d’un travail accompli et réfléchi qui, signe de manière manifeste une écriture affranchie et singulière de sa poétique de la danse.
En effet, c’est en tant que chorégraphe rigoureux et expert du mouvement qu’il porte cette pièce sensible au paroxysme de l’émotion dans une suite de formes épurées où la simplicité et la clarté des formes scénographiques exposées mettent au sommet l’art de la danse dans ce qu’elle a de plus précieux.
Ce sont cinq petits bijoux, éclats artistiques, « constellations » que cette programmation à l’esthétique sophistiquée nous offre comme un réel cadeau venu des cieux.
Et, pourtant, il n’est point question de métaphysique ni d’ostentatoire et encore moins de religiosité, Thomas Lebrun ne fait pas parti de ces mystiques faux gourous d’une danse pseudo spirituelle, ni de ceux qui courent au désastre dans une pensée politique radicale désespérément réductrice et destructrice .Mais, c’est dans une philosophie altruiste issue d’une imagerie populaire et d’une forme de sagesse face à une conception de la vie sans artifice ( ce qui peut surprendre car l’on évoque plus souvent l’aspect humoristique outrancier de l’art de la dérision dans sa théâtralité que Thomas Lebrun maîtrise et que l’on salue avec bonheur) que, la pensée sensible et émotive de ce créateur de mouvement se révèle. La relation intime qu’il conçoit avec ses interprètes dans l’écriture de ces cinq tableaux crée une dramaturgie aux accents particuliers où les liens entre chacune des propositions se juxtaposent et où l’imaginaire de chacun se projette dans un univers qui lui est propre.
Les écueils stylistiques et techniques d’une danse sylphide de la suspension et de l’apesanteur nous sont épargnés au profit d’un mouvement à l’énergie contenue et aux élans puissants qui se fait générateur d’émotions. Chaque « constellation » est le fruit d’une réflexion à la fois sur les formes de représentations des étoiles sur terre mais aussi sur la qualité et de la singularité des interprètes qui la composent et l’incarnent.
Un pur moment d’émotion esthétique, un certain goût de la grâce.
Pascale Logié-Broussart. 14 01 2010
Extraits de définition dans le Trésor de la Langue Française.
Constellation :
Position respective des astres.
Groupe d'étoiles formant une figure plus ou moins précise dont il tire généralement son nom.
Représentation symbolique de ce groupe d'étoiles par une figure conventionnelle.
Ensemble de choses abstraites ayant entre elles une certaine relation
Que l'on prenne un désir isolément ou la constellation mentale à un moment donné, je suis toujours en face d'une symphonie inachevée.
Ensemble de phénomènes si bien reliés entre eux, qu'indépendamment les uns des autres, ils n'ont pas d'existence, mais constituent par leur réunion un phénomène qui présente quant à lui un certain caractère autarcique“
Consterné :
Accablé et épouvanté. Synonymes. atterré, bouleversé, catastrophé, désespéré. Au fond des prisons (…) on ne rencontrait que des êtres humains déviés, consternés (CENDRARS, Moravagine, 1926, p. 98). Un monde consterné appréhendant de se livrer à la moindre manifestation de vie (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1886, p. 612) :
Bouleversé, jeté à bas, Piétiné
Découragé par un événement qui provoque la désapprobation et la tristesse.
Synonymes partiels chagriné, étonné, surpris.
Vous me voyez consterné (formule de politesse).
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