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un festival à venir les Repérages Danse à Lille du 20 au 25 mars

 Deux nouveaux articles

« C’est quoi ton Genre »Festival Vivat La Danse édition 2010.

http://www.levivat.net/telechargement/Vdanse2010.pdf

Festival des Petits Pas, Danse à Lille Edition 2010

http://www.dansealille.com 

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Articles à consulter:

Festival des Latitudes Contemporaines Lille édition 2009.

Danse à Lille les Repérages 2009.

Festivals hivernaux en région lilloise

 Festival Vivat la Danse 2009Festival les Petits Pas, Danse à Lille  Les RésiDanses

In Time, chorégraphie : Pal Frenak

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Comme à son habitude, le chorégraphe Pal Frenak artiste associé à La rose des Vents, nous livre une pièce toute en fureur et convulsions dans laquelle sexualité et domination, animalité et caractères policés se livrent à différents sketches.

La pièce s’ouvre sur un solo, au sol, debout, devant, derrière, tout autour, le danseur impose d’emblée une présence d’une intensité rare tournant presque à la schizophrénie tant intensité et fluidité du mouvement n’ont jamais aussi bien cohabitées. C’est le couple qui est au centre, celui dans toutes ses combinaisons : la blonde et la brune très cinématographiques, très hôtesses d’accueil. Le couple hétérosexuel déployant une danse de l’empêchement de faire où l’homme est un rempart à la liberté féminine. L’homme avec l’homme, comme toujours chez les entités de Pal Frenak, pris entre sensualité et confrontation virile. Un trio, deux hommes, une femme prise en étau mais toujours prête à renverser la machine dominante et viriliste.

Le corps dans In Time, nous l’avons dit, se fait convulsif. Un corps traversé par de l’énergie pure, des flux, de l’électricité…Sans cela, plus rien, des corps mous, quasi-visqueux, sans organes, oserais-je ? Il y a une fureur qui se dégage des interprètes tandis que le plateau : un espace blanc jonché de roses, d’un canapé rouge et d’un miroir quelque peu déformant constituant simplement la scénographie, trouble par sa quiétude. La musique, le plus souvent électronique avec ses longues plages de sons triturés, bruitistes, raclant aussi bien les oreilles que les corps crée autant que la danse l’expérience d’une fusion entre danseurs et spectateurs.

Pal Frenak a choisi, cette fois-ci, d’utiliser les fondus au noir entre chaque moment de danse, créant ainsi une grammaire quasi-cinématographique tels des instantanés, des négatifs d’un mouvement et de corps dont les fulgurances rappellent la peinture de Bacon. La pièce se clôture sur une forme noire dont la chaire écorchée tente d’apparaître sous la couleur de peau. Le Butô n’est pas loin…La condition humain/animal toujours aussi présente dans l’œuvre de ce chorégraphe trop peu diffusé en France. 

Nicolas Lehnebach  22. 11. 08

http://www.ciepalfrenak.com/

http://www.nextfestival.eu/

à lire également http://lille.letsmotiv.com/NEXT_FESTIVAL_PAL_FRENAK_L_ABSOLU_CORPOREL-1586-mag-theatre-danse.html

Christian Rizzo,

spectacle - Comment dire “ici” ? -

“Mon “ici” sera toujours ton “là-bas”, même lorsque nous serons réunis dans le même espace. Ainsi, avec la distance qui nous sépare, comment dire “ici” ?”, Christian Rizzo
Invité par les danseurs de la compagnie taiwanaise Dance Forum, Christian Rizzo chorégraphie pour eux comment dire “ici” ?, pièce créée et présentée pour la première fois à Taiwan en juin 2008. C’est en France que Christian Rizzo invite à son tour Dance Forum à présenter cette oeuvre, qui combine danse, arts visuels et 3D.
Avec :
Huang Yu-Fen, Wang Hsiu-Hsan, Chen I-Chen, Hung Shao-Ching, Chan Shou-Han, Tai Yu-Hsia, Tseng Ting-Kai

Comment dire ‘ici’ ? - une proposition de Christian Rizzo pour le Dance Forum Taipei  Opéra de Lille, samedi 22 novembre à 20h(15) 
dans le cadre des RésiDanses 

Condensé de village planétaire                  

 A voir se déployer en lignes concentriques, asymétriques et harmonieuses le chœur polyphonique du Dance Forum Taipei, on ne peut qu’admirer la qualité de composition du chorégraphe français Christian Rizzo, grand maître d’œuvre de Comment dire ‘ici’ ? 
Dans cette pièce, tout commence par un tableau immobile : seul en scène, assis sur une chaise, dos au public, une sorte d’officier de police semble scruter mollement un horizon immuable… Puis le mouvement est impulsé et, dans un long souffle continu, la danse des huit interprètes va se déployer et produire une silencieuse symphonie, étrange et fascinante, ponctuée par les corps vêtus de noir : d’abord en séquences parallèles mais dissemblables, dans une musicalité digne de Steve Reich, puis dans un croisement de trajectoires, de perches et d’objets, harmonieusement entrelacés et désenlacés, sans accroches ni ruptures… A aucun moment le mouvement ne suspend son cours, et le regard s’épuise et s’enivre de suivre ses longues lignes claires ciselées par Christian Rizzo… 
Dans cette rencontre avec la troupe taiwanaise, plus habituée aux répertoires traditionnels ou néo-classiques, le chorégraphe français atteint une réelle limpidité, une dimension très épurée qui ne lui est pas si habituelle. La lisibilité de son écriture en est accrue, ce qui la rend plus accessible qu’à l’accoutumée. A dire vrai, la symbiose entre l’auteur et les danseurs semble parfaite, au risque parfois de tourner à vide, comme dans une entente sans aspérités qui serait devenue fade. 
Toutefois Comment dire ‘ici’ ? évite de tomber dans ce piège attendu et ne bascule jamais dans un ronronnement futile : en intégrant à la composition le travail de Iuan-Han Chiang, concepteur vidéo 3D, Rizzo génère de savants contrepoints et de subtiles ruptures de rythme. Les images, mathématiques et architecturales, projetées en fond de scène, viennent en effet parasiter le glissement inéluctable de la chorégraphie des corps. Tant et si bien qu’elles finissent par lui donner sens… 
La coopération dansée qui s’opère au plateau semble en effet appartenir à un dessein plus global, et la composition 3D suggère petit à petit un ordre en marche, comme un monde en construction. Lorsque les interprètes se regroupent finalement devant l’écran pour suivre en silence l’éclosion d’une cité contemporaine soudain surgie de terre, notre regard a basculé dans une autre réalité. L’esthétisme pur s’est interrompu et a cédé la place à autre chose. Bien vite, les danseurs se parent de vêtements très colorés, très occidentalisés ; leur marche en avant semble bizarrement devenir absurde et folle, même si le rythme paraît rester le même. Ces bâtisseurs, dont on pouvait suivre la progression du travail en images, se sont transformés en une armée de playmobils : grotesques et vides de sens, ils finissent en toute logique par s’entasser les uns sur les autres, sans vie, comme des outils jetables. Une élégante, vêtue comme un bonbon exotique et outrancier, fait alors son apparition, traverse le champ laissé libre et paraît jouir de la scène, enfin redevenue calme, comme d’un espace de supermarché… 
Ainsi, en un flux souple et continu, tenu du début jusqu’à la fin, Christian Rizzo parvient à encrer en notre esprit une saisissante et cruelle métaphore de notre monde moderne. Tel un Bob Wilson juste et attentif, il nous présente un condensé de ce monde vertigineux qui se déploie là-bas à une vitesse totalement folle mais qui, au final, se joue aussi ici… 

Marius Moulin 

                Un autre point de vue de la jeune étudiante à Lille3 Pauline Dubarry

           Christian Rizzo est parti à Taïwan pour composer cette pièce chorégraphique avec une compagnie locale. Il s’est nourri de leur culture ce qui nous plonge dans un univers particulier.

            Un gendarme assis sur une chaise contrôle le lieu dans lequel des corps marchent sans même se regarder ni se bousculer. Pour nous, spectateurs occidentaux, cela peut nous paraître étrange mais si nous nous retrouvions dans un lieu taïwanais, nous verrions le même phénomène. Leurs vêtements de couleur noire renforcent ce côté stricte.

            Christian Rizzo a aussi voulu retrouver l’univers des rues taïwanaises, avec toutes ces personnes habillées de toutes les couleurs comme des mangas.  Cependant leur état de corps ne change pas. Ils circulent dans l’espace en faisant appel à des objets (grandes et fines baguettes de bois et lampes)  pour le construire et le déconstruire. Mais, ce qui est étonnant, c’est que l’espace semble être en permanence vide. De plus, le fond sonore nous tient en haleine et nous permet d’être focalisé comme si nous regardions quelque chose de spectaculaire. Cette lumière blanche laisse transparaître une pureté et une simplicité gestuelle.

            Cette pièce chorégraphique que l’on peut qualifier comme une « danse du vide » nous transporte dans un au delà, loin de notre monde quotidien. 

Pauline Dubarry

lire également dans la rubrique archive Remix

Danse à Lille

 Switch

Thomas Lebrun, Compagnie Illico

SWITCHFrédéric Lovino

SWITCH. 

 Cie illico/Thomas Lebrun, Le Gymnase, 22 novembre 2008 dans le cadre des RésiDances.

Thomas Lebrun,Thomas Guerry, Christian Ubl, Philippe Ménard.

Un corps à chœur d’hommes. 

S’il est un chorégraphe « pur souche » dans notre région Nord, Thomas Lebrun est bien un de ses représentant actuels les plus prolixe de cette génération si bien représentée lors du festival des RésiDanses.

Chorégraphe, certes ! C’est bien au sens premier de ce terme que Thomas Lebrun a créé la pièce Switch qui s’écrit et s’inscrit dans un répertoire ayant la danse pour principal langage. Mais Thomas Lebrun ne se borne pas uniquement à régler les mouvements d’ensemble d’un ballet dansé par d’excellents interprètes (virtuoses de la danse et eux-mêmes chorégraphes) dont les singularités marquent l’esthétique de cette chorégraphie et dont la difficulté d’orchestration se manifeste par la sophistication des chorèmes qui la composent.

En effet, le genre qui définit ce ballet peut se rapprocher de ce que le chorèodrame au XIXème  désignait dans la recherche de l’équilibre de la danse pure et de la gestualité théâtrale que d’aucun qualifie aujourd’hui de pantomime. Mais, et c’est là que toute la force de la capacité créative de Thomas Lebrun nous convainc et, que cette danse nous interpelle par la prise de conscience politique que les structurations des personnages et les actions du mouvement nous exposent et nous suggèrent dans une réflexion culturelle identitaire du genre humain.

La configuration technique et agressive du lieu se présente sous la forme d’un espace théâtralisé à l’extrême comme une sorte de laboratoire de recherche médical, à la fois lieu d’exploration, d’expérimentation mais aussi salle d’attente et de passage. Les limites cubiques de la scène se composent d’un ensemble de panneaux translucides et opaques, la rythmique de la variation de l’intensité lumineuse oblige le regard à une perception accrue des éléments et des objets qui vont traverser le plateau.

De ce lieu froid et impersonnel, les interprètes vont opérer un étrange ballet composé de traversées, de passages, de retournements, parfois d’égarements. Le souci du déplacement des corps dans l’espace est omniprésent dans cette chorégraphie d’ensemble basée sur la marche. Les périples sont opérés de manières géométriques essentiellement rectilignes et transversales entre les différentes portes et ouvertures ajoutant à l’austérité ambiante. La scène y est le support privilégié de multiples variations de phrasés du mouvement passé au crible et dont la complexité disparaît sous le masque de l’aisance de la danse que ces quatre interprètes maîtrisent avec brio malgré le handicap et la contrainte imposés par leur costume et leurs visages couverts.

Complexité amplifiée du vocabulaire corporel, complexité mot d’ordre de cette composition scénique aux effets multiples et troublants portés par une partition musicale nerveuse et acide.

Complexité révèlée par la réflexion du tapis de sol fait de plaques striées translucides et réfléchissantes  où se miroitent les actions des protagonistes. Trouble de la perception et de la relation au double que compose notre image dans le miroir, mise en abîme des représentations de chacun.

Le propos est clairement énoncé et c’est sans ambiguïté et avec toute la pertinence qui le caractérise que Thomas Lebrun exprime plus particulièrement dans cette pièce la question identitaire qui l’habite et qui est le ressort de son audacieuse création.

Il n’empêche. La pratique théâtrale et le goût du travestissement thème récurant de la Cie illico se voient ici contextualisés et épurés. En effet cette nouvelle version (une première création nous avait été présentée en avril 2007 au Gymnase) plus synthétique, se revendique par des choix esthétiques énigmatiques et confondants.

Au début du spectacle, ce sont quatre hommes qui sont présents et se partagent la scène, ils sont vêtus de manière identique dans de classiques et élégants costumes gris lumineux qui se fondent dans l’opalescence de la scène, parfois chaussés de chics souliers vernis noirs ou d’accessoires typiquement masculins. Un même corps semble les habiter, une même volonté d’être au monde les sert.

Assis sur des tabourets cubiques lumineux, ils nous font face, ils sont masqués de faciès en latex à l’inquiétante ressemblance avec leur propre physionomie ; cette prothèse inhumaine étrange et ambiguë occulte complètement le regard des interprètes et, nous sommes spectateurs confrontés à l’effrayante sensation d’être le regardeur regardé par un être impersonnel nous renvoyant à nos propres fantasmes.

Cette situation extrêmement inconfortable bascule rapidement switch et c’est porté par le rythme d’une marche au départ très  mécanique et très construite dans l’espace que nous sommes emportés dans l’empathie du mouvement. Ce ballet militaire sous la forme unitaire d’un chœur masculin s’élabore avec toute l’ardeur et la vigueur d’une danse aux allures rituelles par la répétition de ses trajectoires. Cependant le très subtil vocabulaire corporel de chaque phrase nous invite à considérer les variations innombrables qui composent cette écriture complexe.

 Rien n’est immobile, le jeu et l’intensité de la lumière accompagnent une partition musicale synthétique assez brutale et torturée, sur une musique électronique créée spécialement pour la pièce par le londonien Scanner. Les corps des danseurs à l’unisson ne font qu’un pour un temps mesuré et déterminé. C’est au fil de ce perpétuel mouvement d’ensemble que de discrets écarts  se dessinent et que de légères variations perturbent cette construction, à chaque nouvelle reprise un accent inédit surgit dans une forme supplémentaire.

Certes, cette figure de ballet aurait pu nous satisfaire comme d’autres ont usé et abusé de cette forme qui exige beaucoup de l’interprète ; mais cela n’est pas une entité première dans le registre de Thomas Lebrun, car il s’est moins agi de la présence des corps dansants dans cette pièce, il s’est plus agi de leur singularité !

De ce fait, ce qui nous (spectateur) interpelle et nous met en garde face à des chemins trop connus de l’écriture chorégraphique est bien cette manière iconoclaste de s’attaquer au mythe de la représentation.

Pour cela le stratagème du masque permet d’enrichir le propos déjà clairement énoncé :

«  Le sujet comme entité identique à soi n’est plus »[1]

Cette pratique de la mascarade appartient bien au panorama des grands classiques qui permettent aux artistes engagés de contrer et de démonter tous les discours de haine et d’hétérophobie. Pour sa part, le chorégraphe signe dans cette partition commune aux interprètes  un manifeste sur l’amour et le respect à la singularité plus que le droit à la différence.

 Ce sont des anecdotes sous formes de   petites phobies : l’un de ses lacets l’autre de son petit sac ou de sa cravate qui vont ponctuer la suite des ces échanges et transformations entre les différents sujets de ce drame fantastique. Les expériences menées à chaque traversée où les masques et les corps se confondent mais, où chacun reste identifiable par sa danse et son état de corps (jeu d’attention extrême pour spectateur averti).

Au final, il s’agit quand même bien de lui et de personne d’autre, certes l’amitié et l’amour transpirent de cette création entre « potes », il y est bien question d’échange et de partage de l’amour de la scène et du plateau. C’est un Thomas Lebrun disséqué, démultiplié et recomposé qui s’offre avec sensibilité et une relative pudeur à nos regards.

Et oserai-je pour rendre compte de ce discours autobiographique effectuer la plaisante et non moins provocante allusion au  drame surréaliste et nataliste d'Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias, où il est fait un usage raisonnable des invraisemblances ou des ressemblances ?

Pascale Logié-Broussart   04 01 2009 

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 http://www.cieillico.fr/switch.html


 

[1] Judith Butler, grande figure des mouvements Queer et professeur de rhétorique dans : Bodies that matter : «  On Discursive Limits of sex », New-York, Routledge, 1996.

un autre point de vue par une jeune étudiante de Lille3

Switch

                Dans cette pièce chorégraphique, quatre hommes se déplacent dans une marche du quotidien. Une danse d’ensemble se met en place avec des gestes fluides qui nous invitent à entrer dans leur univers. Leurs visages, cachés par des masques, nous interpellent par le fait qu’ils sont très ressemblants à de vrais portraits. Ils sont tous vêtus d’un smoking bleu ciel ce qui ne nous permet pas de voir leur véritable personnalité.

            Cette mise en scène nous fait penser à notre vie quotidienne où tous les humains vivent ensemble sans faire attention à l’autre. Nous sommes comme seul parmi tant  de personnes qui nous ressemblent. Des rencontres se forment où nous découvrons enfin le corps de l’autre similaire au nôtre. Ces rencontres sont le début de situations plus ou moins agréables. L’humain subit chaque jour des évènements qui le font évoluer. Les moqueries, les faces à faces, les moments de fraternité ; sont des passages qui nous amènent à une fin, la mort. Notre visage disparaît en emportant tout ce qui nous appartient. C’est à ce moment précis que nous pouvons voir que tous les hommes sont égaux et qu’il est alors inutile de faire des différences.

            La vie est un chemin construit d’étapes. Et si nous les regardons d’un peu plus près, elles sont similaires pour tous.

Pauline Dubarry.

Go/No go,

COUP DE GUEULE de Nicolas !

Go/No go, chorégraphie de David Flahaut, cie Gutta Percha, co produit Latitudes Prod  http://www.latitudescontemporaines.com/DfGng.pdf

go no gocrédit Photo Olivier Benoît   

            Coup de gueule! Coup de gueule!

Devant le manque de représentations et de diffusion de la dernière oeuvre de l'un des chorégraphes les plus pointus et intelligents de la région. Go/No go, le titre en est déjà très évocateur. On y va ou on n'y va pas? Qu'est-ce qui nous meut? Qu'est-ce qu'il y a et qu'on ne veut pas voir? La danse que développe David Flahaut dans son spectacle est une danse qui ne se livre pas de prime abord. Il faut rentrer à l'intérieur même des corps pour tenter d'en ressentir toute la mécanique et le propos. 

            Tout commence par la lumière. Des rayons comme filtrés à-travers un prisme diffractant la lumière. Une recherche de l'espace, de la boîte, des cintres vers le sol. La scène devient zone de surveillance, et le public d'en faire partie. Go/no go traite de la barbarie, la nôtre, quotidienne et pourtant ancestrale. Nos chères démocraties, oui c'est bien le moins pire comme dirait Churchill, n'ont jamais réussies à l'effacer complètement. Au contraire, notre barbarie se déploie d'une manière multilatérale, sourde et fluctuante. Pour preuve ce capitalisme des corps, car c'est bien au travers d'eux qu'il déploie ses sphères, ses zones de contact, ses machines de guerre biopolitiques. La pièce de David Flahaut semble partir de ce constat froid, et tellement, tellement angoissant qu'il en est presque devenu invisible. Crise financière mise à part, mais les produits de la faute sont divisés et en deviennent donc impalpables sauf pour les autres avec laquelle elle est implacable.     

        Go/no go est une chorégraphie du surgissement, de la fausse lenteur. L'apparition n'y est jamais épiphanique, elle est déjà présente, avant même la danse. Un espace large et assez profond, un sol recouvert de plaques de plastiques translucides, un cube transparent, et quatre danseurs. Trois hommes et une femme. La barbarie, semble vouloir nous dire Flahaut, c'est une affaire d'énergie et de mouvement où la violence n'est plus forcément sanglante mais contenue dans l'impossibilité de l'arrêt du geste qui se fait destructeur. Le surgissement se fait barbare dans son incapacité à l'arrêt.

              Trois hommes et une femme donc, quatre entités reconnaissables : l'homme nu, le barbare anonyme, l'homme dont le regard est empêché et la femme-témoin. Les premières minutes de Go/no go sont une danse de lumière, danse de surveillance avons-nous déjà dit plus haut. Les rayons finissant par échouer sur les arrêtes du cube transparent. La géométrie et ses systèmes cachés  introduisent au faux-rationalisme à l'oeuvre dans notre société contemporaine, cette abstraction du chiffre roi et déconnecté tous azimuts. Puis, il y a la traque implacable du barbare sur l'homme nu devenu proie, enfermé dans un sac poubelle, il n'est plus qu'un déchet engendré par sa propre société, son propre être. Le spectacle, dont la musique est entièrement partie prenante de la dramaturgie mise à l'oeuvre, se déploie en un long cri muet, hypodermique. Car la danse mise en branle par David Flahaut et ses acolytes, est une danse hypodermique. Une danse de cette forme cachée, substituée au regard pour plonger plus profondément dans la volonté d'un corps dansant et résistant. Le surgissement n'est plus le reflet de la lumière, il est le reflet d'une ombre portée éclairante et questionnante.  

           Cette pièce, loin de se livrer à l'exercice de style, propose ainsi une conception de la danse et de la scène comme territoires de résistances. Le corps y noue et dénoue ses enjeux aussi bien esthétiques que politiques.           

  Programmateurs de tous horizons, c'est à vous! 

Nicolas Lehnebach.

 http://www.youtube.com/watch?v=goHEtLoVEq8

 





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